Une relation d’aide avec les enfants
« Avec les enfants, continue la graphologue, c’est avant tout une relation d’aide avec eux et aussi les enseignants et leurs parents. La nouvelle génération est
très immature. Ils écrivent de plus en plus mal, ne savent pas tenir un crayon, ont de mauvaises positions. La transition entre l’adolescent et l’adulte se fait de plus en plus tard. Ce
travail me permet de rester jeune, même si j’ai un fils (Yoann) de 24 ans. » Elle a toujours aimé l’écriture, ce qui n’est pas forcément évident à force de voir défiler celles des autres à
longueur de journée. Son fils voit l’anonce d’un concours en 2000 dans les colonnes du Bien-Public. Le sujet ? Faire revivre un personnage bourguignon. Elle se lance dans l’aventure du roman,
avec l’histoire du Chanoine Kir ou plutôt le retour de son âme, errant dans les allées du parc de la Colombière à Dijon.
Déjà un prix grâce au Chanoine Kir
« Le Chanoine meurt en 1968, mais mon action se déroule tout de même cette année-là. Je sentais bien le personnage et j’aurais bien aimé le rencontrer d’ailleurs puisqu’on me parlait toujours de cette personnalité truculente. J’ai à peine mis un mois et demi pour écrire ». "À l’ombre du Chanoine", 347 pages chez Coloradoc (épuisé), est lauréat du Prix Pages de Bourgogne en 2000 et la plume ne va plus quitter Marie-Françoise Barbot : graphologue et désormais écrivain. Elle publie "De Dijon à Manhattan",une auto-édition en 2003, une histoire fantastique après les évènements du 11 septembre 2001, qui se déroule aux États-Unis. En 2004, elle fait « concurrence » à Jean-Pierre Soisson avec "Isabelle du Portugal, mère de Charles dit « Le Téméraire »" aux éditions Gérard Louis. Mélange de réalité et de fiction également avec « Marie de Bourgogne ou la fragilité des jours » (Éditions Gérard Louis. 2006), épouse de Maximilien d’Autriche, une biographie romancée de celle qui meurt à 25 ans sous les sabots d’un cheval.
Les politiques passés au « détecteur de mensonges »
Mais avant cela, son mari lui souffle l’idée de se pencher plutôt sur l’écriture des hommes et femmes politiques... "On critique beaucoup les politiques, alors je me suis dit que ce serait bien de montrer comment ils fonctionnent." L’idée a tout de même mis plus de deux ans pour se concrétiser avec « Ces personnalités si Bourguignonnes...Portraits graphologiques », auto-édition en 2005. Marie-Françoise Barbot écrit à 80 hommes et femmes politiques de la Côte d’Or, « des incontournables » : 30 seulement répondent favorablement, malgré une ou plusieurs relances pour les 50 autres. "Mon objectif était de démontrer qu’on peut aborder la politique en ayant des caractères très différents. J’aime les gens, je ne voulais pas les casser, ainsi ne figurent pas dans l’analyse, des côtés disons privés comme l’alcoolisme et la sexualité. Ainsi Claude Darciaux, députée maire de Longvic, a eu du mérite de me donner son écriture. Ce qui s'en dégage ? Claude Darciaux, prof de maths, est une bosseuse ; elle est très linéaire, rigoureuse, dans la ligne de son parti. Elle n’est pas dans la représentation et l’effet, elle se montre telle qu’elle est : simple, modeste et déterminée."
Les crimes étaient presque parfaits
Puis Marie-Françoise Barbot écrit « Lettres assassines » aux éditions Chloé des Lys en 2006 et « Les Grandes Affaires Criminelles de la Côte d’Or » aux éditions
de Borée l’an dernier. « C’était un défi pour moi, car la plupart du temps à partir de faits réels, je fais travailler, beaucoup trop, me dit-on, mon imaginaire, je devais justement déjà m’en
tenir aux faits. Là, je suis allée tout d’abord aux archives du Bien-Public puis aux archives départementales et j’ai lu les comptes-rendus d’audience, les dépositions, les lettres de
prisonniers et mon travail de graphologue m’a permis de mieux cerner la personnalité des auteurs des faits. Du XII au XX ème siècle, il y avait énormément de crimes, d’où un tome II et sans
doute III et IV. Je trouve que l’âme humaine est tordue et parfois les motivations des crimes assez étonnantes. L’histoire qui m’a le plus « séduite », dans le Tome II, est celle de René
Belbenoît de Dijon, cour d’assises de la Côte d’Or, le 1 er août 1923, le voleur romantique du bagne à la célébrité. Travaillant au restaurant « Le Pré aux Clercs », il vole la caisse et part
huit ans au bagne en Guyane, pour s’évader en 1932.
Les pieds dans le plat : l’affaire Saint-Aubin
Et puis, je voulais consacrer le tome II entièrement à l’affaire Saint-Aubin, l’accident de Jean-Claude, l’un des trois frères de la célèbre famille de bijoutiers à Dijon, tué sur la route de Fréjus le 5 juillet 1964 et pour la famille, qui continue le combat, toujours pas élucidée. Accident, affaire d’État ? J’ai passé plus de 25 heures avec François, qui avait promis à sa mère de suivre l’affaire. Ce que je peux dire : c’est très délicat. Le dossier est vide. François était méfiant au début. Je voulais une description et une ambiance sobre, lui était encore dans « Son » histoire au niveau des émotions. »
Marie-Françoise Barbot, qui n’arrête pas, vient de terminer « René II de Lorraine » et cherche un éditeur, pour la fin de cette trilogie historique et non criminelle !
Infos pratiques :
« Les Nouvelles Affaires Criminelles de la Côte d’Or » Tome II, préface François Sauvadet, président du Conseil général de la Côte d’Or (24 euros. 368 pages) aux
Éditions de Borée qui ont pratiquement fait le tour de France des régions.
Pour en savoir plus sur les autres publications :
De Borée, Côte Saint-Vincent- Route d’Argnat. Sayat. 63207 Riom
Tél. : 04 73 15 35 25.
Courriel : compart@deboree.com



